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Les antibiotiques

LE PROBLÈME : la surconsommation d’antibiotiques

La surconsommation et l’usage abusif des antibiotiques a entraîné une résistance  à leur égard – environ 100 000 personnes meurent tous les ans après avoir contracté à l’hôpital une infection causée par des bactéries résistantes aux antibiotiques.1

La négligence des patients explique en partie cette situation. Certains ne suivent pas leur traitement aux antibiotiques jusqu’à la fin de la durée prescrite. Dans ce cas, les bactéries plus faibles sont éliminées, mais les plus résistantes survivent et se reproduisent.  D’autres traitent avec des antibiotiques des problèmes d’origine virale dans une vaine tentative de se sentir mieux plus rapidement. Pourtant, les antibiotiques sont inefficaces contre les virus. Contrairement aux bactéries, les virus ne sont pas des organismes « vivants » et par conséquent, ils ne répondent pas à un traitement antibiotique. Chaque usage inapproprié des antibiotiques crée par inadvertance une pression sélective sur les bactéries; ainsi, seules les plus fortes survivent pour se reproduire. Avec le temps, diverses souches bactériennes  acquièrent une résistance aux  antibiotiques d’usage courant, forçant ainsi les scientifiques à mettre au point un nombre croissant de médicaments qui devancent à peine l’apparition de bactéries en évolution rapide.

La résistance aux antibiotiques est un problème très sérieux.  À une époque, on trouvait le staphylocoque doré méthicillinorésistant (SARM) seulement dans les hôpitaux, mais il s’attaque maintenant aux gens ailleurs dans la collectivité.2 Des formes de tuberculose résistantes aux médicaments sont de plus en plus répandues et leur traitement est plus difficile, plus coûteux et plus risqué que celui d’autres formes non résistantes de la maladie.3 Par ailleurs, le problème n’est pas seulement causé par les antibiotiques administrés aux humains.

En 2001, 84 % de tous les antibiotiques ont été utilisés pour le bétail, la plus grande partie afin de favoriser la croissance et non pour traiter des maladies.4 Tout comme chez l’humain, la surconsommation d’antibiotiques a causé l’apparition de souches bactériennes résistantes. Les bactéries d’origine animale se transmettent facilement au grand public en passant par l’épicerie. Par exemple, la campylobactérie de la volaille fait son chemin jusqu’aux consommateurs qui ne se méfient de rien et infecte ainsi de deux à quatre millions de personnes tous les ans. Cette bactérie résistante aux  antibiotiques constitue un important problème de santé publique.5 Les bactéries peuvent développer une résistance croisée, c.-à-d. que leur résistance à un médicament peut s’étendre à d’autres médicaments semblables. C’est notamment ce qui arrive avec la vancomycine, un médicament de dernier recours dans le cas d’une infection qui met la vie en danger. Un nombre croissant de souches bactériennes résistantes à la vancomycine apparaissent en Europe à cause de l’utilisation à des fins agricoles de l’avoparcine, un médicament  chimiquement apparenté.6

Bien qu’ils soient administrés au bétail, ces antibiotiques se retrouvent également dans l’eau potable en raison du ruissellement provoqué par les travaux agricoles.